La guerre de Comté - suite
Famine, peste et misère en 1638.
1638. Les travaux de l'agriculture sont suspendus, les terres tombent en friche ; la famine se joint au fléau de la guerre et la peste achève de décimer les populations. Après le siège de Saint-Amour et la bataille de Poligny, des blessés, en grand nombre, avaient été dirigés dans l'intérieur du pays et encombraient les villes voisines comme Louhans, Chalon, qui furent, pendant tout le temps de la guerre, les lieux de passage des troupes allant en Comté ou revenant en Bourgogne.
Les blessés et les malades arrivant dans ces villes y avaient, comme nous l'avons déjà dit, apporté la peste, et l'épidémie fit alors de grands ravages ; beaucoup de lieux, Louhans, Cuiseaux, Bellevesvre, etc., en furent presque dépeuplés. Les registres communaux montrent les mesures de prévoyance tentées contre la contagion à Louhans ; l'assemblée de la ville délibéra que « tous les laboureurs venus retirer en la ville se retireront avec leurs bestiaux et meubles, dans trois jours, passé lequel temps ils seront expulsés » ; on fit sortir de la ville tous les malades et même les habitants des maisons contaminées. La panique fut extrême. Personne ne voulut prendre, pour l'année à venir…